INCONTINENCE URINAIRE |
| 1. INTRODUCTION |
C’est la perte involontaire d'urine par l'urètre. C'est un symptôme fréquent, qui toucherait 2,5 millions de personnes en France, et surtout les femmes de plus de 65 ans. Le nombre de personnes souffrant d'incontinence est inconnu, mais est très certainement sous estimé. On estime que 15 à 30% des personnes de plus de 60 ans vivant à domicile ont une incontinence. Le risque d'incontinence est 2 fois plus élevé pour les femmes (15-30%) que pour les hommes. |
L'incontinence urinaire est un symptôme qui peut être lié à de multiples causes dont beaucoup sont transitoires et dont la plupart peuvent être traitées sans intervention chirurgicale. Dans certains cas, l'incontinence est liée à plusieurs facteurs présents en même temps chez un même patient. |
L'incontinence urinaire n'est pas simplement un problème organique, car elle retentit sur l'état émotionnel et psychologique des patients pour altérer leur qualité de vie et souvent entraîner une modification de leurs habitudes de vie. |
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2. COMMENT SE FAIT LE FLUX DES URINES A L'ETAT NORMAL ? |
L'urine est sécrétée par les deux reins, par filtration du sang. L'urine descend vers la vessie en passant dans les uretères qui sont des canaux qui descendent de chaque rein vers la vessie. La vessie est un organe creux qui stocke l'urine entre deux mictions (l'action d'uriner). L'urine est évacuée par l'urètre, canal qui commence à la base de la vessie et qui se termine à l'entrée du vagin chez la femme et au bout de la verge chez l'homme. L'évacuation de l'urine, et donc la fermeture de la vessie, est contrôlée par des muscles appelés sphincters, situés à la base de la vessie et dans la paroi de l'urètre. Le tonus de ces sphincters est habituellement suffisamment important pour éviter toute perte involontaire d'urine. Au moment d'uriner, ces sphincters se relâchent et l'urine peut donc passer dans l'urètre. Au même moment, le muscle de la vessie se contracte et "pousse" l'urine. Quand la vessie est vide, sa contraction s'arrête et le sphincter se contracte pour commencer un nouveau cycle de remplissage. |
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3. COMMENT FONCTIONNE LA VESSIE ? |
L'urine produite par les reins arrive dans la vessie par les uretères. Quand la vessie se remplit et atteint sa capacité maximale normale d'environ 300 cc (300 ml) les nerfs situés dans la paroi de la vessie envoient un signal à la moelle épinière et au cerveau. Le cerveau peut agir sur le fonctionnement de la vessie par des substances chimiques dites cholinergiques. Jusqu'à un certain volume, la vessie a la capacité de se remplir en adaptant sa capacité au volume d'urine, sans augmentation de la pression dans la vessie. A partir d'un certain volume, la vessie se distend et envoie un signal conscient et inconscient au cerveau qui va agir sur le muscle vésical et les sphincters de l'urètre pour supprimer l'envie d'uriner et/ou retarder la miction en fonction des circonstances. |
Au moment de la miction, l'influx nerveux déclenche une contraction du muscle vésical (le détrusor) et une relaxation du sphincter qui entoure le col vésical (l'orifice de sortie de la vessie). Quand ce sphincter est ouvert, l'urine s'écoule vers l'urètre. Ce mécanisme est inconscient. Par contre, il existe plus bas dans l'urètre, juste au-dessous de la prostate, un autre sphincter, dit sphincter externe qui peut être contrôlé volontairement et qui peut donc permettre de bloquer la miction, "de se retenir". |
C'est au cours de l'enfance que l'on apprend à contrôler les mécanismes volontaires et involontaires de la miction pour éviter les fuites et uriner dans les toilettes de façon appropriée. |
Dans environ 40% des cas, le mécanisme de l'incontinence est mixte. |
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4. COMMENT LA CONTINENCE EST-ELLE ASSUREE ? |
La continence , en particulier chez la femme, est un mécanisme subtil qui résulte du fonctionnement coordonné de différents éléments : |
- une vessie normale, de capacité suffisante |
- une pression suffisante pour fermer l'urèthre. La résistance normale de l'urèthre est pour moitié due au sphincter lisse et pour moitié due au sphincter strié de l'urèthre moyen. La pression uréthrale s'adapte normalement aux contraintes de pression (toux, effort…) |
- une commande neurologique normale (moëlle épinière, cerveau…). |
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5. QUELLES SONT LES CAUSES DE L'INCONTINENCE URINAIRE ? |
5.1. Le plus souvent, l’incontinence est due à un affaiblissement du support pelvien de la vessie, ou du bloc vessie urèthre, avec hypermobilité de la vessie lors des efforts éventuellement associée à une diminution du tonus sphinctérien uréthral. |
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5.2. Des anomalies du muscle de la vessie (le détrusor) et/ou du sphincter uréthral peuvent être responsables d'incontinence :
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- muscle vésical (détrusor) : |
diminution de la capacité de remplissage (compliance) : dans ce cas, la pression intravésicale augmente au cours du remplissage et la fuite survient quand la pression intravésicale dépasse celle du sphincter (vessie neurologique, vessie après radiothérapie)
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- sphincter uréthral : |
la cause principale est le relâchement du plancher pelvien (âge, multiparité), et surtout du muscle pubo-uréthral, avec une hypermobilité de l'urèthre. Souvent associée à une cystocèle, une rectocèle. Ce relâchement est à la base de la théorie classique, dite de "l'enceinte de pression" : les fuites se produisent car la transmission de la pression abdominale ne se fait plus aussi bien sur l'urèthre que sur la vessie.
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5.3. CAUSES D'INCONTINENCE CHEZ LE SUJET AGE
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Causes urodynamiques | Causes neurologiques | Causes non-neurologiques | Vessie hyperactive (pollakiurie, impériosités) | sclérose en plaques accident vasculaire Parkinson Alzheimer | obstruction uréthrale cystite tumeur de vessie calcul de vessie | Vessie acontractile | hernie discale | obstruction chronique idiopathique (surtout chez la femme) | insuffisance sphinctérienne | lésion chirurgicale lésion du neurone moteur (rare) | hypermobilité uréthrale (incontinence urinaire d'effort) | obstruction | lésion médullaire avec dyssynergie vésico-sphinctérienne | HBP cancer de la prostate sténose uréthrale importante cysto-uréthrocèle |
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5.4. AUTRES CAUSES POSSIBLES
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- Affections urinaires ou vaginales
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- Effets secondaires de médicaments pris pour autre chose
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- Obstruction vésicale par adénome de la prostate (avec fuites par "trop-plein")
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- Maladie nerveuse et/ou musculaire
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- Effets de certaines interventions chirurgicales
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